You are currently viewing Info Histoire : Le Bouffon
Bouffon du Roi

Info Histoire : Le Bouffon

Les fous et bouffons remontent à la plus haute Antiquité mais aucune preuve n’en atteste avant le XIVe siècle. Le dernier bouffon, L’Angély, vécut sous Louis XIII.
Le fou occupe une vraie place dans la société médiévale, qui éprouve de la compassion pour les gueux ou les simples. Mais il incarne aussi les faiblesses des hommes, leurs vices et leur inconséquence. Il renvoie à chacun ses doutes, ses angoisses, et fait écho à la dureté de la vie à cette époque. Sa représentation est codifiée dans l’art : il a sa fête et une catégorie particulière de fous approche même le roi.
Les fous du roi avaient autant le rôle de distraire les rois que les conseiller. Il avait une liberté à nulle autre pareille, de dire et de penser librement, avec comme seule obligation de faire rire, une arme à double tranchant car les frontières sont facilement outrepassées. Il a une fonction de contre-pouvoir (garde-fou) et de miroir du roi. Le bouffon est un pilier, solide, qui permet au roi de rester, en quelque sorte, dans le droit chemin.
Au sein d’une cour servile et hypocrite, il était ainsi le seul à pouvoir réellement donner le fond de sa pensée. C’est ce que rappelle le philosophe humaniste Érasme dans son Éloge de la folie.
Ce qui était vrai pour les Rois, l’était aussi pour les Princes et Seigneurs dans leurs manoirs, mais même les abbés dans leurs couvents et les évêques dans leurs palais.
Vêtu de jaune et de vert ou en tout cas d’habits multicolores, il est souvent coiffé d’un chapeau à grelots. La marotte (sorte de bâton avec une petite figure de marionnette portant un bonnet multicolore) qu’il tient en main est l’insigne ironique de son pouvoir.
Le fou allait caracolant, se livrer à des entrechats dans les corridors et les salles, faisant force grimaces, jongleries et cabrioles, et poussant parfois même quelques chansonnettes.

L’étymologie du mot folie vient de fol qui signifie « enflure » ou « bosse » ; il vient aussi de folis qui veut dire « soufflet » ou « sac empli de vide ». Faire le fou, c’est manifester le vide de la tête et du corps. C’est pour cette raison que la cornemuse est l’un des accessoires du fou, et le pet était considéré à cette époque comme le diable qui s’échappait par l’orifice anal.